La culpabilité te surprend toujours au mauvais moment. Tu es en train de faire une pause en savourant ton thé matcha au Four Seasons et tu penses à la villa que tu rêves de louer cet été à Mykonos, avec une magnifique vue sur la mer Égée. Et là, tes pensées te surprennent !
« Non, mais il ne faut pas trop que j’aime l’argent. Ces pensées-là sont superficielles. Je dois être au-dessus de tout ça ! » Petit à petit, ces émotions te rongent. Tu te sens coupable d’en vouloir plus. Mais, est-ce que cette voix dans ta tête est vraiment la tienne ?
Dans cet article, je vais te parler d’un tiraillement qui est très très féminin et dont on parle très peu : la culpabilité de vouloir plus. On verra aussi pourquoi est-ce qu’on a le sentiment que c’est mal d’aimer l’argent et pourquoi est-ce qu’on se sent obligé de culpabiliser lorsqu’on y pense.
Sommaire :
- Pourquoi tu ressens de la culpabilité
- Ton cerveau te fait culpabiliser
- D’où vient vraiment ce sentiment ?
- Comment se libérer de la culpabilité de vouloir plus
- En résumé
- FAQ
Pourquoi tu ressens de la culpabilité
Comment naît ce sentiment en toi ?
La culpabilité, c’est le sentiment qui apparaît quand tu as l’impression d’avoir transgressé une règle. Jusque-là, rien d’anormal. C’est une culpabilité saine lorsque tu as blessé quelqu’un par tes paroles ou tes actions. Elle te permet de rester attachée à tes valeurs.
Le problème, c’est quand la norme que tu crois avoir transgressée n’est même pas la tienne. C’est là qu’elle devient toxique. Parfois, tu te sens coupable à cause d’une règle qu’on t’a transmise et que tu appliques sans jamais l’avoir choisie. Cette culpabilité-là ne répare rien et ne te relie à aucune valeur.

La culpabilité que personne ne nomme : celle de vouloir plus
Voici le tiraillement dont personne ne parle et qui est pourtant tellement féminin. Tu aimes l’argent et tu culpabilises d’en vouloir plus.
Est-ce que tu te reconnais dans cette situation ? Tu veux plus d’argent. Tu te visualises en maillot de bain au bord de ta villa en Espagne ou tu imagines la montre Cartier que tu mettras à ton poignet, mais :
- Tu redistribues trop vite, tu dépenses comme pour te débarrasser ;
- Tu arrondis à la baisse quand on te demande combien tu gagnes ;
- Tu doutes : « Est-ce que je vais encore être aimée si je gagne plus ? » ;
- Tu te sabotes quand ça devient fluide et ranges tes ambitions « pour plus tard » ;
- Tu t’excuses de réussir, tu te justifies de vouloir plus.
- Tu dis « je fais ça par passion, pas pour l’argent » ;
- Tu ressens une pointe de gêne quand tu mets une robe dans ton panier en ligne, comme si désirer te rendait superficielle.
Vouloir plus ce n’est pas une faute pour laquelle tu dois te sentir coupable. C’est juste ton cerveau qui t’indique que tu es prête pour plus. Il te met sur la voie de l’affirmation de soi.
Ton cerveau te fait te sentir coupable
Côté neurologique, ton cerveau est câblé pour associer l’argent, ou la réussite, à deux circuits :
- La récompense : avec le cycle de la dopamine lié à l’activité de l’amygdale.
- La menace sociale : gérée par l’insula, ou cortex insulaire, qui produit la sensation de peur.
L’activité combinée de ces deux parties de ton cerveau produit un sentiment étrange, similaire à celui du syndrome de l’imposteur. Tu ressens du plaisir à recevoir, mais aussi un danger social si tu le dis trop fort. Autrement dit, tu te sens bien quand tu gagnes plus, mais la culpabilité t’envahit. Et oui, l’argent féminin reste tabou. Le pouvoir financier des femmes déstabilise.

D’où vient vraiment ce sentiment ?
On t’a dressée à ne pas trop vouloir
C’est le mythe de la femme qui doit être au-dessus de tout ça. Depuis toute petite, on t’a éduquée avec des normes. On t’a félicitée pour ta sobriété et ton élégance. Mais on ne t’a sûrement jamais félicitée pour ton désir de grandeur. La recherche confirme que, dans ce domaine, ce qu’on croit être naturel est souvent une pure construction sociale.
On t’a répété des phrases toutes faites comme :
- L’argent ne fait pas le bonheur ;
- Les vraies femmes fortes n’ont pas besoin de ça ;
- Être matérialiste c’est mal ;
- Ce sont les gens superficiels qui aiment l’argent.
Pourtant, chaque fois que tu reçois un chèque à 4 ou 5 chiffres, tu frissonnes de joie, non ? Tu souris toute seule en pensant au sac que tu vas t’acheter ou à tes prochaines vacances. Dans cette situation, c’est cette dissonance entre ce que tu ressens et ce qu’on t’a appris qui fait naître en toi ce sentiment de culpabilité, l’une de tes croyances limitantes.
La peur de la déconnexion
L’homéostasie sociale est considérée comme une priorité par le cerveau. Pour lui, rester proche des gens signifie rester au même niveau qu’eux. Pourtant c’est un piège !
C’est pour ça que tu culpabilises quand tu crois que :
- le malaise va s’installer entre toi et tes parents si tu gagnes plus ;
- les copines de ton groupe Whatsapp ne vont plus te reconnaître ;
- en devenant riche, tu vas forcément devenir froide, rigide et manipulatrice ;
- tu n’auras plus de temps pour prendre soin de toi, de ton corps, de tes enfants ;
- ta meilleure amie va te dire « Tu as changé, toi ! » lors d’une soirée au restau.
Qui a dit que les gens autour de toi te verraient d’une autre manière ? Qui a dit que tu étais obligée de devenir la femme riche, froide et aigrie que la société veut nous faire imaginer ? Ce que la culpabilité cherche à t’éviter, c’est plus que le simple rejet. C’est le décalage douloureux entre l’ancienne toi et celle qui commence à s’élever.
Le double standard homme/femme
Un homme riche c’est un stratège, un visionnaire, un génie. Par contre, une femme riche est vénale, froide, cupide, matérialiste. Elle ne mérite que de finir toute seule avec des chats, pas de réussir.
Ce poids de la société, tu le portes forcément.
Cette culpabilité te pousse à transformer ton désir simple « Je veux de l’argent », en phrases du genre : « Je veux de la liberté » ou « J’ai besoin de plus de sécurité ».

Comment se libérer de la culpabilité de vouloir plus
Argent ne veut pas toujours dire sacrifice. Les mensonges trop répandus veulent te faire croire qu’en voulant plus tu vas devenir dure et te renfermer sur toi-même. C’est complètement faux ! C’est pour cela que je veux t’aider à te libérer de cette culpabilité qui freine encore ta réussite.
Voici comment y arriver :
1. Redéfinir l’argent (ou le désir) comme une autorisation
Évoluer ne signifie pas trahir. En redéfinissant ton rapport à la réussite, tu ne te trahis pas, tu évolues vers ce que tu as toujours voulu être. Et si vouloir plus, c’était juste t’aimer plus toi-même ?
Tu n’es pas cupide comme Picsou qui veut amasser des tonnes d’argent juste pour pouvoir se rouler dedans, non ? Tu aimes juste ce que l’argent te permet d’avoir : passer tes vacances dans une villa en bord de mer, ne pas avoir à renoncer à des choses que tu aimes…
Je te propose de faire cet exercice de réécriture identitaire :
- Prends un carnet et un stylo ;
- Écris sans filtre ce que tu veux vraiment vivre : louer une maison en Toscane, porter des robes plus chères que ton loyer d’étudiante, offrir un voyage à tes parents… ;
- Laisse-toi aller à rêver, n’hésite pas à mettre la barre haute ;
- Pose-toi la question : « Et si l’argent n’était que l’accélérateur de cette version de toi ? ».
Aimer l’argent, c’est activer la version de toi qui ne s’excuse pas d’être trop et désactiver la culpabilité. La motivation humaine est dopée par les projections sensorielles et émotionnelles. Plus tu associes l’argent à des expériences viscérales liées au confort, à la paix et au plaisir, plus ton cerveau crée des chemins neuronaux qui soutiennent ce comportement d’expansion.

2. Te créer un modèle qui te ressemble
Trouve une femme qui te ressemble ! Tu dois avoir un vrai modèle dans le viseur. Pense à quelqu’un à qui tu peux t’identifier. L’idée c’est de trouver un modèle hors de toutes les caricatures de sorcières riches hors sol que la société veut bien nous montrer.
Tu as un modèle en tête ? Génial ! Utilise-le pour créer ton alter égo iconique. Sinon, essaie de t’imaginer toi, dans une autre réalité :
- Visualise cette femme qui n’a pas à regarder les prix lorsqu’elle achète une voiture ou qu’elle loue une maison pour les vacances ;
- Demande-lui : « Comment tu vis l’argent ? » ;
- Imagine cette conversation avec elle dans laquelle tu lui demandes comment elle dépense, comment elle décide, comment elle partage…
Est-ce que tu penses vraiment que cette femme a le temps de culpabiliser d’avoir réussi ? L’imagerie mentale et l’activation de modèles identitaires, comme tu viens de le faire, permettent un câblage rapide du système de croyance. C’est la base de la visualisation neuroassociative utilisée dans les techniques d’auto leadership. Ton identité doit changer pour que ta culpabilité s’envole.
3. Normaliser l’envie d’avoir plus
Tu dois juste accepter cette envie, sans te sentir obligée de la justifier en disant « J’aime l’argent, mais… j’ai un grand cœur, je donne à des associations, etc. ». Pour y arriver, je te propose de créer une routine de reconnaissance financière. Chaque jour où tu gagnes de l’argent ou que tu dépenses avec joie, pense :
- Je ne fais plus semblant d’être surprise de recevoir de l’argent ;
- Je suis prête ;
- Je m’autorise à vouloir plus.
Quand tu répètes une émotion positive pour un acte que tu perçois comme tabou, tu neutralises petit à petit la culpabilité, la honte et la dissonance cognitive qui y sont associées. Si tu assumes ta joie, tu peux littéralement recoder ton rapport à l’argent.
Si tu veux plus de détails sur le sujet, j’en parle dans cet autre épisode de mon podcast :
En résumé
La culpabilité est un sentiment normal dans la société dans laquelle on vit, mais il a tendance à te freiner. Tu n’as pas besoin d’excuses pour gagner plus ou d’un storytelling sacrificiel, ni de te montrer pudique pour arrêter de culpabiliser. Tu peux aimer l’argent et être une femme bien, généreuse et aimante. Pour arriver à penser comme ça et à le ressentir, essaie :
- de redéfinir la réussite comme une autorisation, non comme une trahison ;
- d’avoir un modèle qui te ressemble ;
- de normaliser l’envie d’avoir plus.
Que les femmes gagnent plus sans se sentir coupables doit devenir normal. C’est ce qui nous permettra de transmettre un mindset différent à nos filles. Tu veux plus de conseils de ce genre ? Découvre les autres épisodes de mon podcast Journal intime du succès.
FAQ
Qu’est-ce qui se cache derrière le fait de se sentir coupable ?
Le plus souvent, c’est une norme qu’on t’a transmise sans que tu l’aies choisie. Derrière la culpabilité de vouloir plus se cache souvent la peur de ne plus être aimée, de te couper des autres ou de devenir une femme que la société t’a appris à juger.
Quelle est la différence entre culpabilité saine et toxique ?
La culpabilité saine surgit quand tu as réellement blessé quelqu’un. Elle te pousse à réparer les choses, puis elle s’éteint. La culpabilité toxique t’envahit alors que tu n’as rien fait de mal. Elle ne te pousse pas à réparer les choses, juste à te limiter ou à te freiner.
Comment s’en libérer ?
Tu dois comprendre qu’elle vient d’un conditionnement, pas de ce qui est fondamentalement bien ou mal. Ensuite, tu dois redéfinir ton rapport au désir de réussite comme une autorisation plutôt qu’une trahison. Tu peux aussi te créer un modèle qui te ressemble et normaliser l’envie d’avoir plus jusqu’à ce que ton système nerveux cesse de la percevoir comme un danger.
Pourquoi je me sens coupable sans raison ?
Parce qu’il y a une raison, c’est juste que tu n’en es pas consciente. Ton cerveau associe le fait de vouloir plus à une menace sociale. Tu ressens de la peur d’être jugée ou rejetée. Ce n’est donc pas « sans raison » que tu te sens coupable, c’est juste une culpabilité que tu as héritée mais que tu peux désamorcer.

