La vie de famille, c’est intense, non ? Et au milieu de tout ça, la gestion des émotions de l’enfant passe parfois à la trappe. Au sein de ma famille, je suis hyper attentive à la qualité de la vibe et aux émotions de chaque membre.
Je dois parfois gérer la crise d’un enfant qui a perdu son super Zouzou à celle d’une ado qui est au bout de sa vie à cause d’une coiffure ratée. Tout ça avant d’avoir réussi à avaler mon latte sans mousse du matin.
Cette situation t’est familière ? Tu t’es déjà demandé comment gérer les émotions de tes enfants ? Pas de panique, dans cet article, je te partage mes astuces pour rester sereine dans le chaos familial du quotidien. Je t’aide à comprendre ce qui se passe dans le cerveau de ton enfant, comment l’aider à nommer chaque émotion et à gérer ce qu’il ressent au quotidien.
Sommaire :
- Ce qui se passe dans le cerveau de ton enfant quand il explose
- La gestion des émotions de ton enfant selon l’âge
- 4 astuces indispensables pour gérer les émotions de tes enfants
- Et tes émotions à toi, parent ?
- En résumé : ce qui compte vraiment
- FAQ
Ce qui se passe dans le cerveau de ton enfant quand il explose
Au sein de la famille, rien n’est sans conséquence. Chaque interaction entraîne son tourbillon d’émotions. Ce sont souvent des émotions positives. Parfois, elles sont négatives et une seule petite remarque peut faire dégénérer la situation.
Tu as l’impression que tes enfants vivent dans un monde parallèle où chaque petit incident devient un tsunami qui te submerge ? Un simple « non » pour un cookie peut créer la troisième guerre mondiale.
Chez les enfants, le cortex préfrontal n’est pas encore totalement formé. Et cette zone sert à la rationalisation des émotions. C’est ce qui explique qu’il soit littéralement submergé lorsqu’il ressent quelque chose de fort. Il fond en larmes. Il explose.
Tu ne dois pas croire que c’est de l’insolence ou de la rébellion. C’est souvent juste une crise normale liée à son développement.

La gestion des émotions de ton enfant selon l’âge
Vers 6 ans : les crises de frustration
La gestion des émotions d’un enfant de 6 ans demande de bien comprendre ce qu’il ressent. À cet âge, il a du mal à gérer la colère et la frustration. Il peut enchaîner crise sur crise dès lors qu’il n’a pas ce qu’il veut.
Voici ce que tu peux faire pour l’aider :
- accueille sa crise sans la juger et reformule ce qu’il vit : tu es en colère parce que… ;
- si tu ne te sens pas capable de gérer la situation, n’hésite pas à lui dire calmement : « aujourd’hui maman n’a pas la force de s’occuper de ça » ;
- propose-lui un câlin ou un temps calme pour redescendre ;
- une fois apaisé, aide-le à trouver une solution à son problème.
Les cris et les pleurs reflètent la frustration de l’enfant pour des choses qui peuvent te paraître si insignifiantes vues de tes yeux d’adulte. Dis-toi que si ton enfant pleure parce qu’il veut mettre ses chaussettes avec des dinosaures, c’est parce qu’il n’a pas encore appris à relativiser. C’est ton rôle de maman de l’aider à avoir une réaction adaptée à la situation, avec le temps.
Vers 10 ans : il s’affirme et teste les limites
Là c’est différent. Ton enfant commence à s’affirmer :
- il dit non pour affirmer son autonomie ;
- il teste les limites pour savoir jusqu’où il peut aller ;
- son comportement devient plus contestataire ;
- il conteste les règles qu’il acceptait avant sans discuter.
À cet âge-là, ton rôle évolue. Tu dois plutôt l’aider à poser un cadre clair tout en écoutant son besoin d’indépendance.
L’adolescence : la rébellion contre l’autorité
L’adolescence est souvent définie comme l’âge de la rébellion. Mais attention à ne pas tout mettre dans le même sac. La gestion des émotions de l’enfant est encore cruciale lorsqu’il s’approche de l’adolescence car la maturation du cortex préfrontal se poursuit.
Ton ado peut te dire :
- Tu ne m’écoutes jamais ;
- Tu es trop envahissante ;
- Tu ne comprends rien à ma vie ;
- Tu n’es pas assez présente.
Ce n’est pas contre toi ! Il ne se rebelle pas contre toi, plutôt contre la figure qui incarne l’autorité. Et crois-moi, j’ai vraiment été insupportable durant mon adolescence. Je sais que cette période peut être compliquée.
Tu ne peux pas vouloir élever des adultes indépendants et autonomes et qu’ils soient en même temps des adolescents dociles. Pour l’aider à cette période, tu dois absolument rester disponible sans forcer. Laisse la porte ouverte pour que ton adolescent vienne à toi quand il est prêt.

Le jeune adulte
Aux environs de 18 ans, l’enfant a encore besoin de ses parents pour réguler ses émotions. À cet âge, tout dépend du lien que vous avez construit avec lui depuis l’enfance.
C’est le moment de lui laisser sa place d’adulte tout en ayant conscience qu’il est encore accroché à ses parents. Ne minimise pas ce qu’il ressent à l’âge adulte. Tu peux l’aider en :
- l’écouter sans lui imposer tes solutions ;
- respecter son jardin secret et son intimité ;
- lui prouver que tu restes un port d’attache : « on est là si tu as besoin ».
4 astuces indispensables pour gérer les émotions de tes enfants
Astuce n°1 : apprendre à ton enfant à nommer ses émotions
La gestion des émotions de l’enfant ne commence pas par le contrôle. Tu dois surtout aider ton enfant à mettre des mots sur ce qu’il ressent. Aide-le à avoir des mots plus précis pour identifier les émotions.
Par exemple, lorsqu’il éclate en sanglots ou qu’il te dit qu’il est fâché, guide-le pour qu’il puisse définir s’il est plutôt :
- frustré ;
- déçu ;
- triste ;
- en colère…
Lorsqu’il élargit l’éventail des émotions qu’il reconnaît et qu’il comprend, ton enfant parvient plus facilement à réguler ce qu’il ressent. Tu peux l’aider en accueillant ses émotions, en les reconnaissant avec lui et en lui enseignant à les nommer.

Astuce n°2 : ce n’est jamais personnel
Est-ce que tu n’as pas l’impression qu’on prend parfois le chaos émotionnel de nos enfants de façon trop personnelle ? Essaie de relativiser ! L’enfant n’essaie pas de t’humilier ou de te manquer de respect. Ce qu’il dit, ou fait, n’est qu’une projection maladroite du tourbillon qu’il vit intérieurement. Ce n’est pas une attaque. Tu peux garder ta confiance en toi.
Ce changement de regard sur la situation peut tout apaiser. Si tu ne prends pas ça de façon personnelle, il est plus facile de différer la réaction.
Qu’est-ce que ça veut dire ? Si tu comprends que ce que tes enfants disent ou font n’est qu’une projection de ce qu’ils ressentent, tu auras plus de facilité à gérer une crise. Tu auras en tête que ce n’est pas contre toi, c’est une émotion qui le dépasse. Au lieu de réagir à chaud, tu pourras en reparler quand tout le monde est calme. C’est la meilleure façon d’avoir une gestion des émotions de l’enfant saine et constructive.
Astuce n°3 : le contact physique
L’ocytocine est l’hormone de l’attachement et de l’apaisement. Elle est sécrétée lorsqu’on se sent en sécurité, notamment lors d’un contact physique rassurant.
Et il faut reconnaître que parfois, en tant que maman, on ne sait pas quoi dire face à une crise. Ton enfant doit savoir qu’il a toujours de la place dans tes bras lorsque ça ne va pas. Cela fonctionne avec un petit de 6 ans, comme avec une grande de 18 ans.
Un simple câlin avec ton enfant :
- favorise le retour au calme ;
- stabilise la respiration ;
- apaise le rythme cardiaque ;
- fait redescendre la tension du moment ;
- rétablit la connexion entre une mère et son enfant.
Plutôt que de donner une solution immédiate ou de réagir à chaud, prends-le simplement dans tes bras s’il le souhaite.

Astuce n°4 : reviens sur ce qui s’est passé
La grande erreur c’est de passer à autre chose comme si de rien n’était. Tu peux céder à la tentation de te dire que le calme est revenu et que c’est le plus important. En réalité, c’est après la crise que tu dois revenir sur ce qui est arrivé.
Si tu ne le fais pas, cela peut impacter la gestion des émotions de ton enfant à long terme. Certaines petites croyances erronées peuvent s’incruster dans leur tête ;
- Maman est toujours en colère contre moi ;
- Elle ne m’écoute jamais ;
- Elle ne prend pas le temps de me comprendre vraiment ;
- Maman fait toujours passer les autres avant moi.
Avec le temps, chaque nouvelle dispute creuse un fossé émotionnel entre toi et tes enfants. Reviens sur la situation à froid. Tu peux dire : « Je sais que ça a été difficile pour toi tout à l’heure. Je l’ai mal vécu aussi. Parlons-en… ».
C’est l’une des clés de la communication au sein de la famille, comme je l’ai développé aussi dans mon article sur la communication dans le couple.

Et tes émotions à toi, parent ?
Dans une famille, la gestion des émotions des enfants n’est pas la seule à prendre en compte. Au sein du chaos familial, tu dois absolument apprendre à gérer tes émotions de femme ou ton insécurité émotionnelle et prendre du recul.
Nos propres émotions lors d’une crise
Il faut le reconnaître, parfois, nos propres émotions amplifient fortement le chaos familial. C’est toujours quand tu es fatiguée qu’un de tes enfants décide de faire de la peinture sur la couette blanche de son lit, qu’un autre casse des noix sur le tapis pendant que le petit dernier réclame ton attention.
Dans ces cas-là, tu peux prendre la situation trop à cœur. Voici comment gérer les émotions de l’enfant lorsque tu te sens attaquée par la situation :
- Essaie de ne pas réagir à chaud ;
- Respire ! Allonge ton cycle respiratoire pour ressentir qu’au final tout va bien ;
- Ne contre-attaque pas dans la violence ;
- Réfléchis au fait que tout ce qui s’est passé n’est qu’une expression du développement de l’enfant.
Si tu réagis avec calme, tu participes à la dynamique positive que tu essaies d’instaurer au sein de ta famille. Par contre, si tu t’emportes, ça va te soulager sur le moment, mais tu risques de détruire une partie de ce que tu essaies de construire à long terme.
Fais un break
Tu as le droit d’être fatiguée. Aucune mère n’est disponible à 100 % pour ses enfants. Personne n’arrive jamais à gérer les émotions de ses enfants parfaitement, dans chaque situation. Avec le temps et la charge mentale, la fatigue décisionnelle peut aussi apparaître.
Alors si tu sens que tu as besoin de prendre l’air :
- appelle quelqu’un qui a le pouvoir de te remonter le moral ;
- coupe tout quelques minutes : va marcher dehors, même juste au bout de la rue ;
- offre-toi une vraie bulle : un bain, ta série, une séance de sport, un thé matcha avec ton livre du moment.
Découvre plus de conseils sur la gestion des émotions des enfants dans cette vidéo :
En résumé : ce qui compte vraiment
Pour que la gestion des émotions de l’enfant soit plus facile, ce qui compte le plus c’est la dynamique globale. Gérer une famille est une course de fond. Le plus important n’est jamais la crise ponctuelle où tu as l’impression que tout ce que tu as mis en place n’a servi à rien.
Retiens ces quelques astuces :
- Aide ton enfant à nommer ses émotions ;
- Ne prends pas les choses personnellement ;
- Utilise le contact physique ;
- Reviens sur ce qui s’est passé à froid.
Ne laisse pas une mauvaise journée remettre en question tout ce que tu as construit en tant que mère. L’éducation et ta relation à long terme avec tes enfants sont les plus importantes. Les cafouillages et les crises font partie du processus.
Gérer le chaos émotionnel de tes enfants, ça commence par apaiser le tien. C’est tout le travail qu’on fait ensemble dans mon programme Ananas Impérial.
FAQ
Comment reconnaître les émotions chez l’enfant ?
Un enfant exprime ses émotions par le corps et le comportement avant de savoir les nommer : pleurs, cris, agitation, repli, colère soudaine. Observe ce qui déclenche la réaction et mets des mots dessus à sa place au début. Par exemple, demande-lui « tu es déçu parce que le jeu est fini ? ». Plus tu nommes ce qu’il vit, plus il apprend à reconnaître et identifier ses propres émotions.
Quelles activités pour gérer les émotions ?
Plusieurs outils simples aident l’enfant à apprivoiser ce qu’il ressent : la roue des émotions pour identifier ce qu’il vit, les exercices de respiration profonde pour revenir au calme, les jeux d’expression ou encore tenir un petit journal. L’idée est surtout de l’aider à ne pas réprimer ses émotions, mais de lui donner un espace sûr pour s’exprimer.
Pourquoi est-il important de gérer les émotions des enfants ?
Parce que le cerveau de l’enfant est encore en construction. La zone qui régule les émotions est le cortex préfrontal. Et elle ne mûrit pas avant la fin de l’adolescence. L’aider à reconnaître et nommer ce qu’il ressent, c’est lui donner des bases solides pour son développement, ses relations et sa confiance en lui. Ce n’est pas juste une question de discipline. C’est plutôt une histoire d’accompagnement. Un enfant qui comprend ses émotions apprend peu à peu à les réguler tout seul.

